Citations sur la gravure et l’estampe

«Parmi les différentes expressions de l’art plastique, l’eau-forte est celle qui se rapproche le plus de l’expression littéraire et qui est le mieux faite pour trahir l’homme spontané. Donc, vive l’eau-forte ». Charles Baudelaire, « L’eau-forte est à la mode ».

« Ah ! Si j’osais attaquer le bois directement avec le burin, sans me refroidir à le dessiner d’abord ! Je n’indique d’ailleurs au crayon que l’ébauche, le burin peut ensuite avoir des trouvailles, des énergies et des finesses inattendues ». Emile Zola, « Paris ».

“Au fond, je me sens davantage à l’aise avec les instruments de gravure qu’avec le pinceau. Le processus est tellement radical, et la résistance du matériel me plaît beaucoup…Ce que je ne fais jamais: une unique eau-forte ou une unique lithographie. Si je commence, il faut que j’en fasse beaucoup pour m’échauffer”. Hans Hartung.

« Tout artiste agissant, a, dans sa mine de plomb, son pinceau, son burin, non seulement ce qui rattache son geste à son esprit, mais à sa mémoire. Le mouvement qui paraît spontané est vieux de dix ans ! Trente ans ! Dans l’art, tout est connaissance, labeur, patience, et ce qui peut surgir en un instant a mis des années à cheminer ». Fernand Pouillon, « Les pierres sauvages »

“Les vraies images sont des gravures. L’imagination les grave dans notre mémoire. Elles approfondissent des souvenirs vécus, elles déplacent des souvenirs vécus pour devenir des souvenirs de l’imagination.” Gaston Bachelard

“L’estampe possède en soi un caractère énigmatique qui tient à sa puissance d’abstraction. Elle ne lutte pas d’émulation avec la vie. Elle la transpose dans un registre à deux notes dont les accords sont plus impérieux que les vastes ressources de la gamme colorée. Force concentrée, elle agit en profondeur. (…) Perpétuel contraste de la nuit et du jour, tirant de ce contraste même tout ascendant sur nous, elle donne à l’ombre une transparence presque sonore, à la lumière un éclat plus étrange que la lumière terrestre. (…) Non seulement elle est faite pour glorifier l’individualité de l’artiste, mais il est impossible à l’artiste de ne pas inscrire sur la planche son individualité la plus intime.” Charles Beaudelaire

“ La manière noire est une gravure à l’envers.  Dans la manière noire la planche est originairement et entièrement gravée. Il s’agit d’éraser le grain pour faire venir le blanc. Le paysage précède la figure. Ce fut en 1642 que Ludwig von Siegen inventa la manière noire. En 1653, à Bruxelles, Siegen révéla sonn secret à Ruprecht du Palastinat qui l’introduisit en Angleterre en 1656. On compte seulement vingt-quatre gravures de Meaume à la manière noire qui datent toutes d’après Abraham.  On appelle berceau la masse qui graine toute la planche pour la manière noire. Par la manière noire chaque forme sur la page semble sortir del’ombre comme un enfant du sexe de sa mère.” Marcel Quignard “Terrasse à Rome”.